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Le coton a la cote.

LE MONDE du 06.03.10 .  Le coton serait-il de retour, lui qui a rudement pâti de la crise et de la chute des exportations de textiles chinois vers des pays industrialisés tombés en catalepsie ? Cela y ressemble fort, le prix de la fibre de "l'arbre à laine" ayant progressé de quelque 25 % en cinq semaines. A New York, la livre pour livraison en mai a poussé au-delà de 83 cents de dollar, pour retomber à 82,43 cents, vendredi 5 mars. Rappelons qu'elle était tombée à 64 cents à la mi-octobre 2009.
 
"Pour une fois, se félicite Didier Mercier, directeur général du négociant Copaco, les cours sont en symbiose avec les fondamentaux cotonniers et pas mus par la spéculation !" Le Conseil consultatif international du coton (CCIC) prévoit que la consommation mondiale de coton fibre passera de 23,2 millions de tonnes durant la campagne 2008-2009 à 27 millions en 2009-2010.

Un regain de bon aloi

Les analystes du ministère américain de l'agriculture jugent que ce regain est de bon aloi et voient dans le coton une des hirondelles qui annoncent le printemps de la reprise. "La forte progression de la demande de coton est caractéristique des périodes de relance, la reconstitution des stocks étant amplifiée par le rebond de la demande finale", assuraient-ils en février.

On s'attendait que les fêtes du Nouvel An mettent un frein aux achats dans l'empire du Milieu, premier consommateur mondial de coton. La demande chinoise n'a pas faibli du tout. Mais le marché est perturbé par l'incapacité où se trouvent les champs de cotonniers de répondre à une demande en train de redevenir vigoureuse.

Crise et météo ont réduit la production de la Chine, premier producteur mondial. Celle des Etats-Unis a subi aussi un net recul, car les agriculteurs ont jugé plus rémunérateur de remplacer leurs arbustes par du soja ou du maïs, dopés par la fabrication de l'éthanol qui entre de plus en plus dans le supercarburant. Pareil au Brésil.

Et pareil en Afrique de l'Ouest où la production a été divisée par deux en trois ans. "La mauvaise pluviométrie, la baisse des cours et les retards de paiement du coton graine ont convaincu les agriculteurs que cette culture ne payait plus, analyse Didier Mercier. Ils ont donc utilisé les engrais destinés au coton pour les cultures vivrières. La filière cotonnière africaine est en crise."

La contraction de la production mondiale semble donc inexorable : 26,7 millions de tonnes en 2006-2007, 23 millions en 2008-2009 et 22,3 millions en 2009-2010. Ce qui contribue à réduire les stocks en fin de campagne, qui reviendront de 12,3 millions de tonnes, le 31 août 2009 à 10,4 millions, le 31 août prochain.

Un sympathique message à l'adresse des agriculteurs pour qu'ils replantent des cotonniers. Un signal non moins attractif pour les fonds d'investissement qui pourraient être tentés de surcoter le coton, rendant son cours anormalement élevé comme ils l'ont fait avec le cuivre ou le pétrole.

Alain Faujas
 
            Drapeau centrafricain
  


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