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Actualités internationales  Mort de Kadhafi: critiquée par la Russie et l'ONU, l'Otan rend compte de son attaque.22/10/2011 L'Otan dit n'avoir eu aucune connaissance de la présence de Kaddafi dans le convoi qu'elle a stoppé jeudi. La Russie met en cause cette attaque, alors que l'Onu souhaite ouvrir une enquête.
Alors que les Nations unies ont demandé une enquête sur la mort de Mouammar Kaddafi, l'Otan est obligée de s'expliquer sur l'action qu'elle a menée. Justifiant son attaque du convoi de Mouammar Kaddafi, le jeudi dernier au matin, l'Otan a affirmé vendredi qu'elle ignorait que l'ex-dirigeant libyen se trouvait dans la colonne de véhicules prise pour cible.
Elle n'aurait donc appris que plus tard qu'elle avait de la sorte « probablement contribué » à la capture et au décès de Kaddafi. Comme d'habitude, l'Otan joue sur les mots : si elle avait des présomptions quand à la présence de Kaddafi, elle n' a pu eu avoir la certitude qu'après une fois les vérifications au sol réalisées... Et si elle n'a jamais voulu tuer Kaddafi, dans son jargon, l'ex-dictateur est un « centre de commandement militaire » et, comme tel, peut être pris pour cible...
« À environ 08H30 (06H30 GMT) jeudi, l'aviation de l'Otan a frappé onze véhicules militaires pro-Kaddafi qui faisaient partie d'un convoi d'environ 75 véhicules roulant dans la banlieue de Syrte », indique l'Otan dans un communiqué qui détaille l'enchaînement des faits ayant mené à la mort de Kaddafi.
"Menace pour la population civile"
L'organisation transatlantique explique avec précision les raisons qui ont mené son drone a viser le convoi. « Ces véhicules armés quittaient Syrte à vive allure et tentaient de forcer leur passage », affirme le communiqué. Ces véhicules « transportaient une quantité substantielle d'armes et de munitions qui représentaient une menace sérieuse pour la population locale », selon l'Otan. Une intervention « destinée uniquement » à protéger « la population civile »
Selon le communiqué, l'appareil de l'Otan a en premier lieu détruit « uniquement un véhicule », ce qui « a perturbé le convoi » et entraîné la dispersion des véhicules qui « ont pris des directions différentes ».
« Un groupe d'une vingtaine de véhicules » s'est ensuite « dirigé vers le sud à grande vitesse », continuant « à représenter une forte menace ». « L'Otan les a pris pour cible » et une dizaine d'entre eux « ont été détruits ou endommagés », poursuit le communiqué de l'Otan.
« Au moment des tirs, l'Otan ne savait pas que Kaddafi était dans le convoi. L'intervention de l'Otan était destinée uniquement à réduire la menace contre la population civile, comme le requiert notre mandat de l'ONU (...) L'Otan ne prend pas pour cible des individus », affirme le texte.
Législation internationale
« Nous avons ensuite appris, à partir de sources publiques et du renseignement allié, que Kaddafi était dans le convoi et que la frappe avait probablement contribué à sa capture », ajoute l'Otan, en précisant ne pas donner d'informations sur la nationalité des moyens engagés.
La responsabilité de l'Alliance transatlantique a été fortement questionnée par la Russie. « Nous nous intéressons notamment aux actes de l'Otan du point de vue de la législation internationale », a déclaré son ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov à l'antenne de trois radios russes.
« La décision (de la communauté internationale) était qu'il (Kaddafi) avait perdu sa légitimité et qu'il devait partir. La manière dont il est mort soulève nombre de questions », a-t-il ajouté.
La fameuse zone d'exclusion aérienne
Rappelant que les frappes aériennes contre la Libye étaient autorisées par le Conseil de sécurité de l'ONU uniquement pour faire respecter une zone d'exclusion aérienne et pour protéger les civils, Sergueï Lavrov a indiqué qu'« il n'y (avait) aucun rapport entre la zone d'exclusion aérienne et une attaque contre un objectif au sol, en l'occurrence le convoi de Mouammar Kaddafi ». « D'autant qu'il ne pouvait être question de protéger des civils, vu que ce convoi n'attaquait personne, on peut même dire qu'il était en fuite », a-t-il ajouté.
« Ce n'est pas par hasard que les services du Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme ont déclaré aujourd'hui qu'il fallait mener une enquête sur les circonstances de sa mort, et j'ai la conviction qu'il faut mener une telle enquête », a encore déclaré le ministre russe.
« Nous estimons qu'une enquête est nécessaire », a déclaré le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU, Rupert Colville, se référant aux vidéos publiées. Ses « deux vidéos » de Mouammar Kaddafi, « une de lui vivant, une de lui mort, (...) sont très inquiétantes », selon le représentant onusien.
Source jeuneafrique.com
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