Point de vue.

Proposition d'un Plan "Economie & Cadre de vie" pour les Jeunes Cadres Actifs.

Paris 12/05/2009 par Francis Kopaye
La reconstruction socio économique de notre pays peine à décoller. Beaucoup d'efforts restent à faire dans le domaine du logement des jeunes, des équipements de loisirs des familles et des dispositifs de financement des projets de création. Face à ces nécessités, il conviendrait de définir une ligne politique à la fois innovante et audacieuse. Je voudrais faire un ensemble de propositions qui, je l'espère ouvrira le débat sur les capacités et la vision future que nous avons pour notre Centrafrique.

Il n'est de secret pour personne qu'une économie ne fonctionne et ne devient compétitive que si l'accent est mis sur la consommation. Dans ce cas, comment promouvoir la consommation dans un pays où la fluidité monétaire est faible ? Que faire quand les projets de création se heurtent au manque de financement ? Enfin, comment améliorer le cadre de vie des agents économiques ?

Autant de questions qui retiennent mon attention et de toutes celles et tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la situation de notre Centrafrique, sans doute. De prime abord, la solution technique à envisager serait l'irrigation du système économique et le financement de l'économie, par la mise en place de dispositifs à la fois réglementaires et structurels. Les seuls outils capables, par définition- ormis la législation - d'opérer dans ce sens sont les établissements financiers (les banques). Mais la faible bancarisation du tissu économique et le principe de solvabilité bancaire ne s'y prêtent pas. Les raisons principales sont l'absence d'établissements financiers adaptés aux besoins et aux profils de la population, l'absence de revenus liée à la situation de non emploi d'une grande partie de la population et également l'absence de dispositifs réglementaires spécifiques. La population centrafricaine est dans sa grande partie exclue, de fait, du système bancaire. Car les banques ne prêtent qu'aux « riches » !!!

Comment agir afin de permettre aux populations exclues d'accéder aux financements nécessaires à la concrétisation de leurs projets, et aux actifs de bénéficier d'une amélioration de leur cadre de vie ?

Dans une précédente réflexion, j'invoquais la nécessité d'équilibrer le système économique centrafricain en concevant un secteur Non Marchand. Les propositions qui suivent tendent à la compléter précisément. Favoriser la croissance économique et la création d'activités, c'est aussi encourager la consommation et permettre la redistribution des richesses dans une certaine mesure. Pour cela, il conviendrait de concevoir une politique capable d'engager l'économie centrafricaine vers la croissance et la rendre ainsi dynamique. Cette politique devrait définitivement considérer les centrafricains comme acteurs significatifs de leur économie, en facilitant notamment l'accès au crédit bancaire, moteur de la consommation, et en soutenant les initiatives privées. D'où la nécessité de définir un plan « Economie & Cadre de vie » en faveur d'un public cible : les Jeunes Cadres et Jeunes Actifs.

Ce plan peut être établi sur :

î La redéfinition ou l'appui à l'Agence pour l'emploi :

§ Accompagner individuellement des personnes à la recherche d'emploi ou au montage de projet
§ Promouvoir des filières techniques et appuyer la recherche universitaire
§ Vulgariser les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC)

î La création d'un nouveau dispositif
de financement des projets accessible à tous :

§ Développer significativement le secteur de la Micro finance (Micro Crédits, Epargnes, Assurances…), à l'exemple de SOFIA Crédit, nouveau-né des EMF en Centrafrique (Etablissement de Micro Finance), outil nécessaire à la création et au développement des TPE & PME.
§ Concevoir et mettre en œuvre le principe du « Parrainage » des créateurs d'entreprises : faire financer et accompagner les projets de création d'entreprises par les entreprises existantes ;
§ Adopter une politique de bancarisation : rendre l'ouverture des comptes obligatoire pour toute personne effectuant une activité professionnelle, par exemple.
§ Concevoir un système de garantie Santé & Chômage : mise en place d'une Caisse Autonome d'Assurance Santé & Chômage (CAASC). Celle-ci permettrait de collecter des cotisations auprès d'actifs volontaires. Toute personne ayant cotisé à cette Caisse, bénéficiera d'une Allocation Chômage proportionnellement à son dernier revenu (Taux d'indemnisation à définir) et d'une Couverture Santé (prise en charge partielle du coût des actes médicaux…) ; une pratique déjà en cours dans certaines sociétés d'Etat. L'Etat contribuerait au financement de cette Caisse à hauteur de 1% de la masse salariale annuelle de la Fonction Publique.

Pour cela, il est important de concevoir un programme qui viendrait compléter la précédente, ainsi développée, afin de créer une synergie entre Economie et Social.

î Que conviendrait-il alors de faire ?

Développer une économie c'est d'abord commencer par la rendre émergente. Cette émergence naît également de la qualité du cadre de vie qui est proposé aux acteurs.

Dans une économie où les « acteurs cadres » sont constitués d'agents économiques potentiellement moteurs, leur offrir les conditions d'un cadre de vie attrayant et dynamique est aussi une étape primordiale à une croissance économique concrète dont les répercutions visibles constituent la preuve du développement d'un pays et du bien-être de ses habitants.

Pour les grandes villes telles que Berberati, Bouar, Bossangoa, Bambari, Mbaïki ou Bangui, qui rassemblent l'essentiel des agents économiques, concevoir et mettre en place des équipements leur « facilitant » la vie est nécessaire. Pour cela, on pourrait créer :

§ Des Cités pour Jeunes Cadres ou Actifs : qui proposeront un hébergement aux jeunes rentrant dans la vie active. Tous les résidents cotiseront à un Plan d'Accession au Logement (PAL) à hauteur de 10% par exemple de leur salaire mensuel. Ce plan va leur permettre de constituer une épargne pour un crédit immobilier, bénéficiant d'une aide de l'Etat, pour l'acquisition de leur futur logement. Une durée de 5 ans serait le plancher nécessaire pour la constitution de cette épargne. Les entreprises locales contribueront à l'effort de cette épargne sous forme de « Taxe Commerciale » subordonnée à leur masse salariale, soit environ 2%, par exemple.
La collecte et la gestion du Plan d'Accession au Logement seront assurées par un organisme paritaire, placé sous la surveillance de la Cour des Comptes ou de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale.
§ Des Espaces de Loisirs pour les familles : disposant d'équipements tels que les cinémas, des salles de jeux, des bornes d'accès à Internet, bibliothèques, salles de remise en forme, etc.

La gestion structurelle de ces équipements (Cités d'hébergement & Espaces de Loisirs) peut être assurée par l'Etat, une Municipalité, une association ou une société privée.

Le financement du Plan « Economie & Cadre de vie » pour les Jeunes Cadres et Jeunes Actifs ici proposé, pourrait bénéficier de plusieurs sources de financement notamment des partenaires au développement et des privés (personnes physiques ou morales).

Le Plan devra, au préalable, être soumis à une Loi de programmation quinquennale. Un budget ambitieux d'environ 1 milliard de francs CFA serait nécessaire. Un comité de pilotage sera chargé d'évaluer et d'ajuster, si nécessaire, ce Plan. La désignation d'un ministère ou la création d'un Secrétariat d'Etat chargé de la mise en œuvre de ce Plan est à envisager au préalable. J'ai, par ailleurs, élaboré un document détaillé de ce Plan (Budget, Acteurs, Calendrier de réalisation…).

Voilà, chers compatriotes un ensemble de pistes faites de propositions que je souhaitais soumettre à votre appréciation et contribution. La reconstruction structurelle et économique de notre Centrafrique doit naître de notre audace, de notre ambition. Concevoir la nouvelle société centrafricaine c'est engager son économie et le cadre de vie de sa population sur des défis modernes et des visions nouvelles.

Vous remerciant d'avance pour vos remarques et suggestions, fraternelles salutations.







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